Des élevages, des paysages

L’élevage est une activité ancestrale qui continue aujourd’hui de jouer un rôle déterminant pour le développement de nos territoires.

Beaucoup de personnes pensent que les vaches sont "entassées" dans des hangars, que l’alimentation n’est pas naturelle, bref que les éleveurs sont des industriels…
Et bien non cela ne se passe pas comme cela dans nos fermes ! Modernité ne rime pas forcément avec pratiques intensives.
Dans nos régions les exploitations sont certes modernes, mais restent familiales et traditionnelles.


Des élevages traditionnels

L’élevage en Rhône-Alpes est dominé par des exploitations à dimension humaine, la plupart du temps familiales, avec des troupeaux de taille modeste.
Les fermes comptent en moyenne 50 vaches laitières et sont constituées de 60 ha de terres dont 35 ha de prairies.
En élevage caprin, une exploitation moyenne compte entre 65 chèvres pour un éleveur qui transforme son lait à la ferme et 110 chèvres pour les éleveurs qui livrent à une entreprise de transformation.

Les exploitations laitières s’organisent toujours autour de bâtiments dédiés aux différentes activités : la stabulation, la salle de traite, le bâtiment de stockage des aliments et du matériel agricole, le stockage du fumier…
Et puis plus largement on retrouve les différentes prairies ou cultures de fourrages et de céréales.

En effet nos élevages sont appelés "polycultures / élevage". Ce sont des systèmes mixtes alliant cultures ou prairies et élevage qui présentent un double avantage. Ils permettent de nourrir les animaux quasiment entièrement avec les fourrages et céréales produites sur l’exploitation et les déjections animales enrichies en matière organique sont utilisées pour fertiliser les terres, évitant ainsi l’utilisation des engrais chimiques.

On notera également que l’élevage laitier a peu recours aux produits phytosanitaires. En France seulement 5% des pesticides sont utilisés sur les cultures fourragères consommées par les animaux laitiers.

Des bâtiments adaptés

Une ferme laitière s’organise autour de plusieurs lieux et bâtiments :

  • une étable ou "stabulation" pour abriter les animaux à la mauvaise saison
  • une nurserie pour les veaux / chevreaux
  • une salle de traite
  • un local séparé pour le tank à lait, cuve contenant le lait stocké et réfrigéré avant d’être collecté par la laiterie
  • un hangar à paille et foin
  • un lieu extérieur de stockage du fumier
  • une cuve de réception des eaux usées et du purin

Tous les bâtiments sont conformes à la réglementation concernant l’hygiène pour la salle de traite et le tank à lait, le bien être des animaux à l’étable et l’environnement et ce qui concerne la propreté des abords, le stockage des eaux usées et des déjections…

Des prés pas trop loin

En élevage laitier les prairies et cultures sont indispensables pour l’alimentation du troupeau. A la belle saison, les animaux passent généralement la journée dans les pâturages dont ils broutent l'herbe fraîche.
Les prés les plus proches de la ferme sont réservés aux vaches et chèvres qui doivent être traites et amenées deux fois par jour à la salle de traite. Les jeunes animaux, génisses ou chevrette, peuvent aller dans des pâturages plus éloignés.
D’autres prés sont réservés à la récolte du foin et ne seront mis en pâture qu’une fois celle-ci effectuée. Le foin est de l’herbe séchée et coupée puis mise en botte et destiné à l'alimentation des animaux domestiques herbivores durant la mauvaise saison.
Enfin on trouve, le plus souvent sur l'exploitation, d’autres cultures fourragères (orge, sorgho, luzerne, maïs et betterave fourragers) qui servent à compléter l’alimentation du troupeau l’hiver.

Des prairies au rôle essentiel

Les prairies jouent un rôle favorable au maintien de la biodiversité. Celles-ci ne sont jamais labourées et l’action du troupeau qui, en broutant, engendre des hauteurs d’herbe différentes, combinée aux déjections qui enrichissent le sol, crée un environnement unique. On y recense de nombreuses variétés végétales qui, associées aux haies, offrent des habitats variés où peuvent se réfugier, se nourrir et se reproduire une grande diversité d’espèces : insectes, oiseaux, mammifères.

En filtrant les eaux, les prairies et pelouses agissent comme des stations d’épuration naturelles. L’herbe freine la progression de l’eau tandis que les racines fixent et dégradent, par leur activité biologique, les substances pouvant être polluantes (nitrates, produits phytosanitaires).

Ces prairies ont également un rôle fondamental dans la lutte contre les gaz à effet de serre. Les vaches, comme tous les ruminants, produisent du méthane en digérant les fourrages et ce gaz à effet de serre participerait au réchauffement climatique. Or le sol des prairies capte, autant de gaz à effet de serre que les forêts soit en moyenne 760 kg de carbone par hectare et par an1.

Le stockage du carbone dans les prairies permet de compenser au moins 75% des émissions de méthane des ruminants et 30% de l’ensemble des gaz à effet de serre produit par l’élevage2.

1Grâce à la photosynthèse, l’herbe des prairies utilise le CO2 présent dans l’air, l’énergie solaire et l’eau pour croître. Le carbone s’accumule dans les tissus végétaux, puis dans le sol quand les plantes meurent.
2Les ruminants et le réchauffement climatique, Institut de l'Elevage, collection Essentielle, 2008

Et les vaches qu’est ce qu’elles mangent ?

Il faut savoir que les fourrages constituent 90 % de l’alimentation des ruminants ! Les fourrages sont représentés par la prairie et donc l’herbe pâturée, le foin, l'ensilage (herbe, maïs..). Et 80 à 90 % de l’alimentation est produite sur l’exploitation !

Source : Institut de l'élevage 2012

Et oui, nos vaches, pour produire du lait, mangent encore et toujours de l’herbe.

La base de la ration journalière d'une vache laitière est constituée d'herbe fraîche, à la belle saison et de foin et d'ensilage*, pendant l'hiver.
Pour qu'une vache produise du lait en quantité suffisante et de bonne qualité presque toute l'année, elle a besoin d'une alimentation riche en énergie, en protéines, en vitamines et en minéraux.
Donc en complément de ce menu et pour équilibrer sa ration on apporte en plus en moyenne :

  • 43% d'herbe ou de foin
  • 47% de maïs fourrager
  • 2% de céréales (blé, orge)
  • 5% de tourteaux de soja, de tournesol ou de colza et coproduits
  • 1 % de minéraux et vitamines.

* Ensilage : technique de conservation humide des végétaux coupés verts et non séchés (maïs avec ses feuilles et ses tiges ou herbes).
Les fourrages ensilés sont stockés dans un silo (sous une bâche à l'abri de l'air) après broyage. Ils sont ainsi conservés par acidification en l'absence d'oxygène.

Le saviez-vous ?

La vache possède 4 estomacs : la panse, le réseau, le feuillet et la caillette. Cela permet à la vache de ruminer, technique indispensable pour la digestion correcte des fourrages (composé entre autre de cellulose, fibre très solide présente dans les végétaux). Les aliments grossiers font des allers retours entre la panse et la bouche pour être mastiqués c’est la rumination, ensuite :

  • les fibres réduites en bouillie passent alors du réseau au feuillet,
  • le feuillet essore le jus de cette bouillie,
  • la caillette la digère grâce à ses sucs gastriques.

Au final, la vache avale 60 à 80 kg de fourrage et boit 30 à 90 litres d’eau par jour. Elle consacre 6 heures à manger, entrecoupées de période de rumination, soit au total 12 à 16 heures.

Un paysage préservé

Le pâturage représente 50 % de la totalité de la surface agricole utile (SAU) de Rhône-Alpes. En broutant les prairies, les troupeaux, offrent à la vue des espaces dégagés tandis que les éleveurs entretiennent les alentours, taillant les haies, déplaçant les clôtures, entretenant des murets de pierre, les bois…
La ferme laitière, l’éleveur et son troupeau contribuent donc de manière essentielle à l’harmonie et à l’équilibre des paysages.

Cette activité constitue un frein à la désertification et prévient également les risques naturels :

  • En montagne, les grandes pelouses d’herbe rase qui ont été pâturées par les animaux l’été retiennent le manteau neigeux et limitent les risques d’avalanches l’hiver.
  • Dans les zones inondables, les prairies, haies et talus absorbent l’eau excédentaire en cas de crue et évitent les inondations. On parle de zones tampons limitant le ruissellement.
  • Enfin dans les zones sèches du sud de nos régions, les troupeaux contribuent à lutter contre les incendies. Les vaches et chèvres débroussaillent et maintiennent ainsi des zones dégagées qui servent de pare-feu.

Produits du lait Sud-Est

Le CRIEL en quelques mots...

Véritable outil nécessaire à la dynamique de la production et de la transformation des produits laitiers et fromagers, le CRIEL, Centre Régional Interprofessionnel de l'Economie Laitière Sud-Est est une plate-forme essentielle.

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